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Source: Rapport du TMG d'avril 2007    

C’est avec force que nous réitérons nos recommandations passées visant à :  

  • libérer tous les prisonniers politiques détenus pour leur croyance religieuse et politiques et qui n’ont jamais fait l’apologie de la violence ou qui n’y ont jamais eu recours.
  • mettre un terme  aux sanctions administratives arbitraires contraignant le journaliste Abdallah Zouari à vivre à 500 km de sa femme et de ses enfants et garantir ses libertés de mouvement et d’expression. 

    Par ailleurs, nous appelons à la libération immédiate de l’avocat des droits de la personne et écrivain Mohamed Abbou. [Mise à jour: Le mardi 24 juillet 2007,  Mohamed Abbou a été libéré.]

  • Mohamed Abbou

    Le 1er mars 2007, les membres de la délégation du groupe d'observation de la Tunisie (TMG) ont été physiquement empêchés d'accéder à la rue du Kef où se situe la prison de l'écrivain et avocat Mohamed Abbou par des hommes en civil refusant de s'identifier.

    De plus, un deuxième cercle plus distant d'hommes également en civil prenaient des photographies des membres de la délégation du TMG. Les mêmes hommes ont interdit aux membres de la délégation du TMG de prendre des photographies. La voiture de la délégation du TMG avait été au préalable arrêtée pendant une dizaine de minutes sur la route du Kef par un groupe de gendarmes de la garde nationale et d'hommes en civil qui ont également refusé de s'identifier. (Voir Annexe 3 pour plus d’informations).

    La délégation du TMG souhaitait simplement demander au directeur de la prison du Kef s'il était possible de rendre visite à Me Abbou. On a alors répondu aux membres de la délégation qu'ils avaient besoin d'une autorisation pour s'approcher des portes de la prison. Samia Abbou, l'épouse de Me Abbou, a pu lui rendre visite pendant 15 minutes environ.

    Lorsque les membres de la mission ont eu l’opportunité d’interroger un représentant du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme tunisien, ce dernier a nié qu’il y avait eu harcèlement.

    Arrêté le 1er mars 2005, Me Abbou a été condamné à une peine de prison de trois ans et demi en raison d'articles en ligne dans lesquels il critiquait les autorités tunisiennes.

    [Mise à jour: Le mardi 24 juillet 2007,  Mohamed Abbou a été libéré. Voir : http://www.ifex.org/fr/content/view/full/85110/]

    Les jeunes de Zarzis

    Depuis leur libération de prison en février 2005, les jeunes de Zarzis doivent faire face à un contrôle administratif strict qui les empêche de mener une vie normale. En fait, la sanction qui les a frappée au début de 2002 continue en dehors de la prison.

    L’obligation qui leur est faite de signer un registre tous les jours à des heures différentes et dans des endroits différents empêche ces jeunes de trouver un travail stable ou une formation professionnelle. De plus, on nous a indiqué que des pressions étaient faites sur les employeurs actuels ou éventuels de ces jeunes afin qu’ils s’en séparent ou qu’ils ne les recrutent pas. Finalement, leur label de “terroristes” ne fait qu’accroitre leur exclusion et leur isolement.  

    Ayant fait face à d’innombrables obstacles et formes de harcèlement dans tous les aspects de leur vie dans les deux dernières années, les jeunes se sentent impuissants et dépourvus de leurs droits civiques de base. Leur seule demande consiste en la levée de la mesure de contrôle administratif et en la possibilité de vivre normalement.

    Abdallah Zouari

    Toutes les demandes déposées par M. Zouari auprès des autorités compétentes, y compris auprès du Président Ben Ali, pour l’autoriser à rendre visite à sa femme et à ses enfants à Tunis à l’occasion de fêtes religieuses ont été rejetées.

    M. Zouari n’est pas autorisé à se déplacer au-delà de la ville de Zarzis. Il n’a par exemple pas le droit de se rendre à Djerba située à 4 kilomètres de son lieu de résidence. Le contrôle administratif dure depuis juin 2002 et devrait prendre fin en juin 2007.  

    M. Zouari n’a pas le droit à une connexion Internet depuis le mois d’avril 2005 et doit dorénavant faire face à des refus de connexion dans les cybercafés. L’on ferait pression sur les propriétaires de ces endroits pour qu’ils lui en refusent l’accès.