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Source: Rapport du TMG d'avril 2007

Dans le premier rapport du TMG, nous avons constaté une censure de la presse et un manque de diversité dans le contenu des journaux.

Au moment du deuxième rapport, nous avons constaté un pas dans la bonne direction (l’annonce du 27 mai 2005 concernant l’abolition du «dépôt légal» pour les périodiques), mais aucune autre mesure allant dans le sens de nos recommandations n’a été appliquée.

Avec le présent rapport nous constatons toujours l’absence de liberté de la presse en Tunisie. Les raisons principales de cet état de fait étant la censure d’Etat, l’absence de réseaux ouverts de distribution comprenant tous les médias écrits et une distribution à sens unique des ressources financières. Par conséquent, nous réitérons ces recommandations précédentes. Nous demandons au gouvernement tunisien de prendre des mesures visant à lever toutes les restrictions portant sur le journalisme indépendant et visant à encourager la diversité sur le plan du contenu et de propriété de la presse. Par ailleurs, nous demandons également au gouvernement tunisien d’abolir le système du «dépôt légal » pour les journaux étrangers.

Enfin, nous appelons le Ministère de l’intérieur à respecter et à appliquer l’Article 13 du Code de la presse qui permet la création de journaux et de périodiques. 

Les journaux tunisiens et étrangers sont toujours sous la menace de la censure. Pendant la dernière mission du TMG, trois journaux français (les quotidiens Le Monde et Libération, ainsi que l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur) n’ont pas été disponibles à la vente pendant plusieurs jours parce qu’ils contenaient des articles qui déplaisaient aux autorités tunisiennes, y compris un article de Taoufik Ben Brik dans le quotidien Libération du 21 février 2007. L’article était intitulé (ironiquement) : “En 2009, je vote pour Ben Ali”. Alors qu'il est régulièrement publié à l'étranger, M Ben Brik est de facto interdit de publication dans son propre pays.

La distribution est occasionnelle. Elle favorise les journaux proches des autorités. Dans les kiosques, il faut demander au kiosquier le journal d’opposition que l’on souhaite acheter dans la mesure où il est peu probable que ce dernier mette le dit journal en évidence. Ces obstacles à la distribution visent à isoler l’opposition de la population et à perturber la disponibilité auprès des citoyens tunisiens de contenu et d’information non contrôlés.

Lors de la dernière mission du TMG, un réacteur en chef a déclaré : “Il suffit d’ouvrir un journal pour voir s’il est sous le contrôle du gouvernement ou non : ceux qui sont contrôlés par le gouvernement ont toute la publicité". 

Les journalistes sont censurés même dans la presse officielle. Un article intitulé :"Bayrou le candidat du bon sens" aurait été censuré dans le journal gouvernemental francophone La Presse